Vigilance attentat : les bons réflexes

Par la rédaction 0 commentaires - 01/03/17

En collaboration avec le service du HFDS (Haut fonctionnaire de défense et de sécurité) du ministère de la Culture et de la Communication, un guide a été réalisé à destination des responsables des sites accueillant du public et des organisateurs de rassemblements et festivals culturels en vue de leur fournir une méthodologie et une série d’actions à mettre en œuvre en cas d’attaque terroriste. En voici la synthèse.

Comment se préparer ?

  • Développer des relations avec les partenaires extérieurs (autorités de police administrative comme le préfet et le maire) et partager l’appréciation du risque avec les forces de police, gendarmerie, police municipale ou les sapeurs-pompiers

Pour rappel : Les organisateurs de cortèges, défilés, rassemblements de personnes et de toutes manifestations sur la voie publique sont soumis à une déclaration préalable (entre 3 et 15 jours) auprès de la préfecture ou de la mairie, sauf sorties sur la voie publique conformes aux usages locaux. Si les obligations de sécurité du public ne peuvent être satisfaites, ou si les circonstances l’exigent, l’organisateur doit renoncer à la manifestation.

  • Se former et former les personnels et, si besoin, se rapprocher des services de formation spécialisés

- Elaborer un plan de sensibilisation des personnels (mesures Vigipirate, premiers secours, visites de reconnaissance …).
- Encourager la vigilance des personnels et favoriser la remontée d’informations.

  • Analyser la menace dans son environnement

- Analyser les vulnérabilités du site, le cas échéant, en liaison avec les conseillers sûreté du ministère de la Culture
- Établir un annuaire ou une liste de contacts à jour pour donner l'alerte
- Élaborer les procédures de sécurité relatives notamment : à l'utilisation des matériels d'alerte du public en cas d'attaque (mégaphones, sirène...) et des moyens de communication spécifiques avec les forces de sécurité (circuit radio), et à l'usage des téléphones portables pouvant être perturbé en cas de saturation des réseaux ; au signalement des attitudes, tenues ou objets suspects.
- Définir les modalités de surveillance du site

  • Organiser la sécurité de l’événement

- Renforcer la vigilance et le contrôle des accès et des flux
Pour rappel : Toute personne refusant un contrôle d’accès doit se voir interdire l’accès au site.
- Mentionner les contrôles aux accès à vos parties prenantes (dans les CGV, les billets imprimés …)
- Informer le public sur les mesures de protection et de vigilance par un affichage adéquat

Comme le rappelle UNIMEV, le contrôle de l’accréditation des salariés intervenant sur le site avant et pendant le déroulement des « grands événements » va devenir obligatoire. L’objet de cette mesure est de repérer d’éventuelles personnes fichées S. Les organisateurs de ces grands événements vont donc devoir se mettre en capacité de communiquer, sur demande de l’autorité administrative, les données d’identité (nom, prénom, date de naissance) de leurs salariés ainsi que celles des salariés des entreprises prestataires appelés à intervenir sur le site. Et mettre en place, si ce n’est déjà fait, un contrôle systématique des accréditations.

Le décret d’application de ce texte, qui précisera la portée et les modalités de cette nouvelle obligation, est actuellement en cours de rédaction. Unimev prévoit d’informer les professionnels de l’événementiel de sa publication.
Pour information : la loi Urvoas: RSB 13-10 premet de procéder à des contrôles d’identité et des fouilles de bagage dans les lieux identifiés et pour une durée déterminée.

  • Assurer la protection du site

- Assurer la protection du périmètre et de ses abords immédiats en fonction de l’analyse de vulnérabilité du rassemblement, et après autorisations de l’autorité de police administrative compétente (maire ou préfet)
- Envisager l’installation d’obstacles pour prévenir l’action d’un véhicule-bélier sans nuire aux capacités d’intervention des secours
- S’assurer de la surveillance permanente des accès livraison
- Éviter les attroupements devant le site
- Stocker hors site et en sécurité, les clefs, les badges, les codes d’accès aux alarmes ainsi que les plans des lieux en cas d’intervention nécessaire des forces de sécurité.

  • Tester le dispositif de crise

- Tester le dispositif, les chaînes d’alerte et la disponibilité des issues de secours
- Organiser un exercice de sûreté en lien avec les forces de sécurité (et des exercices réguliers et progressifs)

En cas d’attaque, comment réagir ?

  • Caractériser la situation

- Déterminer, le cas échéant en coordination avec le représentant des services de sécurité présent sur place, la réponse la plus appropriée à la situation en fonction des informations disponibles, des circonstances et de la configuration des lieux.
Si l’attaque est extérieure au site : Il est préférable de fermer les espaces et de confiner les personnels et le public en diffusant un message d'information pour éviter un mouvement de panique
Si l’attaque a lieu à l’intérieur du site : Les mesures d’évacuation ou de confinement doivent être envisagées en fonction des circonstances et des lieux

  • Alerter

- Informer les personnels et le public : déclencher l’alerte spécifique « attaque terroriste » (elle doit être différente de l’alarme incendie) ;
- Alerter et renseigner les forces de sécurité (17 et 112)
- Répercuter l’alerte vers tous les établissements périphériques et les informer des mesures prises.

Pour rappel :
N’imaginez pas qu’un autre a forcément déjà donné l’alerte.
Se conformer aux consignes des forces de sécurité.
Faciliter l’action des secours.
Ne pas courir en direction des forces de sécurité.

Le SGDSN rappelle dans la brochure « Faire face ensemble » que tout responsable d’établissement recevant du public est encouragé à décliner VIGIPIRATE dans son propre plan de sûreté d’entreprise. Ce plan prévoit les mesures à prendre en cas de menace ou d’attentat, ou simplement de risques tels que la découverte d’objets abandonnés. La posture VIGIPIRATE est une directive interministérielle, décidée par le Premier ministre, qui adapte le dispositif de vigilance, de prévention et de protection.

Les 3 niveaux de VIGIPIRATE

1/ Le niveau dit de « vigilance » correspond à la posture permanente de sécurité et à la mise en œuvre des 116 mesures toujours actives (mesures socle)

2/ Le niveau « sécurité renforcée-risque attentat » adapte la réponse de l’Etat à une menace terroriste élevée. Plusieurs mesures particulières, parmi les 194 mesures additionnelles, sont alors activées. Le logo du niveau « sécurité-renforcée » a vocation à être affiché à l’entrée des sites accueillant du public

3/ Le niveau « urgence attentat » serait instauré immédiatement après un attentat. Il a vocation à n’être activé que le temps de la gestion de crise. Le logo « urgence attentat » fera l’objet d’instructions particulières en cas d’activation.

Les professionnels de l'événementiel, notamment les responsables de sites, pourront retrouver l'ensemble de ces recommandations spécifiques ici.

En conclusion et pour reprendre l'adresse du Président de la République à la Nation à la suite des événements de janvier 2015 : « Nous sommes un peuple libre qui ne cède à aucune pression, qui n’a pas peur, parce que nous portons un idéal qui est plus grand que nous et que nous sommes capables de le défendre partout où la paix est menacée ».
 

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