ISO 20121, la norme anti bling-bling

Par la rédaction 0 commentaires - 11/01/13

Encore confidentielle, ISO 20121 est la première norme à avoir été créée spécifiquement pour aider les organisateurs d’événements à intégrer le développement durable dans leurs activités. Elle prend en compte l’impact social, sociétal et environnemental de l’organisation d’un événement et pas seulement l’événement en lui-même.

Le lieu, le montage, la restauration, la communication, l’hébergement, le transport, etc., entrent dans le champ d’application de la norme. Tous les métiers de la filière sont donc concernés : agences événementielles, annonceurs, traiteurs, prestataires techniques et logistiques, standistes

 

« ISO 20121 permet enfin d’avoir un langage commun pour tous les acteurs qui participent à la création d’un événement », se félicite Béatrice Eastham, fondatrice de l’agence Green Événements, spécialisée dans l’accompagnement des entreprises vers la certification ISO 20121. Certains, engagés de longue date dans une démarche de développement durable, ont compris avant les autres l’importance d’une norme certificatrice.

 

Depuis avril 2011, Le Public Système est certifié BS 8901, l’équivalent britannique d’ISO 20121 qui n’existait pas encore (voir en fin d'article). Cette norme répond à une double motivation : valoriser les actions mises en place au sein de l’agence depuis plusieurs années et répondre à la demande de l’un de ses clients historiques, Renault, pour le lancement de la Twizy, sa première voiture 100% électrique.

« L’organisme certificateur BSI est venu nous auditer sur le site du lancement. Un premier audit documentaire avait eu lieu de façon aléatoire au sein de l’agence », précise Karine Noujaim, responsable RSE au sein du Public Système. « La certification apportée par un organisme extérieur, reconnu par l’AFNOR, est un gage de légitimité. Cela va être de plus en plus important pour nos clients qui sont en demande de preuves chiffrées », poursuit-elle.

 

Très impliqué dans le développement durable avec la création de son traiteur Toutbio, Eurosites s’est lancé début 2012 dans la certification ISO 20121 pour l’ensemble du groupe, sites et traiteurs compris.

« Cette norme nous a semblé la plus adaptée pour apporter une orientation claire à notre stratégie RSE et partager notre politique avec nos parties prenantes », explique Lisa Ta, responsable du développement durable d’Eurosites. Encourager le dialogue avec les clients, les fournisseurs, les institutionnels, etc., est l’un des points clés de la norme.

« En tant qu’entreprise d’insertion, nous avons mis en place de très nombreuses actions qui ne sont pas toutes formalisées. La norme ISO 20121 est intéressante car elle nous inciterait à structurer notre communication interne et externe », analyse Baptiste Odin, directeur général de l’Usine. Si la démarche, assez lourde, nécessite généralement un accompagnement et de gros efforts de sensibilisation en interne, elle permet de mettre en place une véritable stratégie d’entreprise.

« À terme, ISO 20121 nous permettra d’avoir une pratique responsable sans l’afficher », conclut Lisa Ta. En clair, de faire de l’événementiel vraiment durable !

 

Les JO de Londres, l’événement précurseur

Pour accompagner l’organisation des jeux, la British Standards Institution a élaboré dès 2007 la norme BS 8901, aujourd’hui convertie en ISO 20121. De nombreuses actions ont été mises en place pour que ces jeux soient les plus responsables possibles.

Parmi les plus emblématiques : l’aménagement du parc olympique sur une ancienne zone industrielle, l’utilisation de matériaux faibles en CO2, la transparence dans le processus de recrutement et de recherche de fournisseurs, la création d’emplois...

En revanche, la présence de certains sponsors comme BP et Dow Chemical, dont les activités sont contraires aux principes du développement durable,  a montré les limites de la norme. ISO 20121 n’est en aucun cas un processus contraignant.

Les nombreux audits réalisés par SGS, l’organisme certificateur des JO de Londres, ont permis de déclarer la conformité de l’événement au champ d’application que le LOOCOG (London Olympic Committee for the Olympic Games and Paralympic Games) avait préalablement défini.

 

Source : Meet>in, Hors Série, Développement Durable, novembre 2012. Rédigé par Sarah Chevalley.
 

 

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